Saison Théâtre Archives Dons

Samedi 15 Novembre 2014 à 20h00

Le Stanford Repertory Theater présente

Oh les beaux jours

De Samuel Beckett

Mise en scène: Rush Rehm
Décor et costumes: Annie Dauber
Son: Michael St. Clair
Régisseuse: TBA

Avec Courtney Walsh et Rush Rehm

Durée : 85 minutes

Pièce en anglais et en français

Notes de mise en scène

Brenda Bruce, qui joua Winnie en 62 au Royal Court, rappelle le commentaire que faisait Beckett sur sa pièce:

J’ai pensé que la chose la plus terrifiante qui pourrait arriver à quelqu’un, ce serait de ne pas pouvoir dormir… De s’enfoncer vivant dans la terre… Avec le soleil qui brille constamment nuit et jour, et pas un arbre… Pas la moindre ombre, rien, sauf cette sonnerie qui te réveille sans arrêt, et tout ce que tu as, c’est un petit paquet d’objets pour t’aider à tenir. Et j’ai pensé qui serait capable de tenir le coup comme ça, et de s’enfoncer en chantant, à part une femme?

A partir de cette vision initiale, Beckett a rendu compte, de façon très drôle, souvent touchante, et éclairante aussi, de ce qu’est la survie quand nos possibilités physiques sont de plus en plus réduites. Même si sa situation et ses réactions sont extrêmement particulières, Winnie donne à ses efforts pour continuer une dimension qui devient emblématique de la condition humaine en général confrontée au vieillissement. Comme Winnie, nous aurons tous à vivre la perte progressive de notre mobilité, de notre mémoire, de nos liens, de notre maîtrise.

Dans notre spectacle, Winnie parle en anglais (avec un accent irlandais, comme Beckett lui-même), et elle parle à son mari Willie en français. C’est comme si elle se déplaçait à l’intérieur de l’extraordinaire singularité verbale et gestuelle qu’impose Beckett, pour atteindre une couche de conscience plus profonde, antérieure au langage — même si elle n’a que les mots pour repousser l’inévitable. “Words fail, there are times when even they fail” — “Les mots vous lâchent, il est des moment où même eux vous lâchent”, dit-elle. Dans les deux langues, pour nous tous. Et pourtant, Beckett nous offre une langue si précise, si inextricablement liée au corps de celle qui parle, que nous pouvons affronter l’inévitable avec une étrange sorte de plaisir, en Anglais et en Français.

Tickets en ligne: Brown Paper Tickets